Il est un petit homme qui mérite le respect

Dès l’âge de quatorze ans son métier l’appelait

Et pendant trente années il ne vit que le noir

Du trou au fond duquel il faisait son devoir.

 

Ses mains fortes calleuses traduisaient le travail

Il maniait la pioche faisant pas de détail,

Travaillait à la tâche, extrayait le charbon,

Je ne peux l’évoquer non sans une émotion.

 

Lorsque j’étais enfant j’adorais écouter

Les récits qu’il faisait de ses dures journées

Et j’ouvrais grands les yeux restant admiratif

De mon oncle Jeannot ce mineur expressif.

 

Un coup de pioche un jour il aurait bien porté,

A l’ingénieur tenant des propos déplacés

Allant jusqu’à oser le traiter de feignant

Lui qui depuis l’matin besognait ardemment

 

C’était nu qu’il œuvrait, ne pouvant supporter

Sur lui de vêtements faisant que le gêner.

Dans les tailles il régnait une chaleur d’enfer

Mais de telles conditions ne le laissaient amer.

 

Un coup de toit faisait que le danger frappait

Non loin de lui peut être, la galerie d’à coté

Le grisou était là et c’est donc sagement

Qu’il cherchait un abri pour attendre prudemment.

 

Je garde de ces récits le plus beau souvenir,

Regrettant qu’il n’ait pu avec moi accomplir,

Une ultime descente dans le puits et m’offrir

Un visite guidée pour ne plus revenir.

                                        Leny.